Notre église a fêté ses 500 ans en 2015


1515 - 2015


Un collectif composé de bénévoles s’est créé pour organiser différentes animations à l’occasion des 500 ans de l’église de Trelins et rendre ainsi hommage à tous ces bâtisseurs qui ont œuvré pour construire et nous laisser ce bel édifice.
Depuis l’automne dernier ce groupe s’est mis au travail pour établir un programme très varié, chacun a apporté ses idées et ses compétences pour proposer des manifestations qui vont s’étaler jusqu’au 8 décembre 2015. Depuis le début de l’année une équipe travaille à la restauration de l’église, nettoyage depuis la sacristie jusqu’au clocher, rejointoiement et peinture des voûtes dégradées, réalisation de statues qui avaient été volées, restauration et cirage méticuleux des boiseries, peinture des abat-sons avec les employés municipaux, déplacement de la statue de St Maurice pour une meilleur mise en valeur, restauration des bannières etc... Une exposition permanente retraçant l’histoire de l’église est visible à l’extérieur sur le parvis.

Un peu d’histoire


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Le vocable de St Maurice


Au Xème siècle, date des premières traces d’une église à Trelins, le Forez et le Lyonnais n’appartiennent pas au royaume de France mais à celui de Bourgogne. Au début du VIème siècle, Sigimond roi burgonde converti au christianisme a une grande vénération pour St Maurice.En 513 il restaure et agrandit l’abbaye d’Agaune aujourd’hui St Maurice en Valais (Suisse). Ses successeurs sur le trône de Bourgogne perpétuent cette tradition. Il est donc plausible que Trelins soit sous le vocable de St Maurice à cause de l’influence Bourguignonne.
Les premières traces d’une église à Trelins remontent en l’an 963 dans un texte où la femme de Béliard donne à l’abbaye St Martin de Savigny la troisième part avec le presbytère et les dîmes qu’elle possède sur l’église de Trelins : Au nom de Dieu, moi femme de Béliard je donne a Dieu et à St Martin de Savigny le tiers de l’église de Trelins avec son presbytère et ses dîmes que je suis réputée y posséder par héritage, bien sis dans le canton de Lyon en terre Forézienne. Cette première église était probablement construite à l’emplacement de l’église actuelle.
La construction de l’église en 1515 est l’affaire de tous les paroissiens, ce sont eux qui vont en assurer le financement, pour ce faire il vont se servir du conseil de fabrique, assemblée chargée de gérer les travaux. Trelins a la chance de posséder un document exceptionnel avec le carnet des dépenses faites pour la construction de l’église et tenu par Jean Matorge luminier de l’époque. ce carnet nous donne de nombreux détails sur la construction de l’église sous la direction du maitre maçon Antoine Basset originaire de Chalmazel. La paroisse était chargée de la fourniture et de la conduite de la chaux qui venait de Champdieu où un quartier porte encore le nom de Chauffour. Item plus à bailhé ledit Matorge, luminier pour achapter de chault conduyte audit Chandieu le XXIIII d’avril l’an que dessus...............II livres tournois II gros . Item pour déspenses de faire venir ladite chault de Chandieu.
La taille de la pierre était faite par le sieur Antoine Seignebrard dit Suchera . Le charbon pour alimenter la forge où l’on réparait les outils était acheté chez Dravainier à Boên. Jean Matorge ne manque pas de noter le vin dont il a dû régaler les ouvriers à chaque nouvelle phase de la construction, les bonnes traditions ne datent pas d’hier !! Pour les travaux dans le clocher, trois maréchaux-ferrants interviennent pour les battants et les supports des cloches : Berthaud Gontier de Champdieu, Barjona alias Chaley de la Bouteresse et Perrin Fraisse de Boên.
A l’origine de forme cruciforme, l’église fut agrandie vers 1850 par l’adjonction de deux bas cotés. Ces travaux ont été conduits par l’architecte Dulac à l’initiative du curé Hodin et du maire Roche.

Les cloches


En 1515, les comptes du luminer nous signalent 2 cloches dont une est dite Mélongana mais nous ne savons rien de leur devenir. Le clocher actuel comporte 3 cloches. La plus grosse, classée monument historique le 15 mars 1956, date de 1640 et a eu pour parrain : Haut et Puissant Seigneur Messire François Papon Chevalier Baron de Marcoux Seigneur de Goutelas , Trelin, Praslong, Le Buillon et autres places. La marraine est Anne d’Albon Prieure de Leigneux. M Lafon est luminer et Claude Coste curé. Les fondeurs Nicolas Maré et Blaise Seurot sont originaires de Lorraine. la moyenne de 1827 a pour parrain Mr Jean Claude Roche et marraine Melle Marie Constant, Jean Antoine Constant était curé, Claude Jacquet maire. La petite de 1827 a pour parrain Mr Michel Lafay et marraine Jeanne Guedon.

Les boiseries


Le chœur et la nef sont entourés de boiseries ainsi que la chaire, les confessionnaux et les fonds baptismaux. Elles datent de 1858 et sont l’œuvre de le dynastie de menuisiers sculpteurs Laurent de Montbrison. ces sculpteurs ont aussi réalisé la chaire de Sail sous Couzan, Ecotay l’Olme, Roche en Forez, Essertines en Chatelneuf, les boiseries de St Etienne le Molard et les confessionnaux de l’église St Pierre de Montbrison.

La statue équestre de St Maurice


Cette statue assez monumentale de St Maurice est datée de la première moitié du 19ème siècle, elle représente le saint casqué et habillé d’une cuirasse de soldat Romain, il tient un glaive et la palme du martyre. La statue a été restaurée en 2002, elle est classée monument historique de puis le 6 mai 1938.

Les vitraux


La réalisation des vitraux se situe entre 1871 et 1876, ils sont l’œuvre des maîtres verriers Pagnon Dechelette de Lyon. Ils représentent des personnages bibliques. Plusieurs d’entre eux ont été financés par les paroissiens de l’époque et par des prêtres. La verrière centrale du chœur représente le calvaire avec le Christ, la Vierge, Marie Madeleine et St Jean l’évangéliste.

Les Prêtres


Avant la révolution, alors que les communes n’existent pas, les paroisses sont l’unité administrative. Leigneux est une annexe de Trelins. Après la création des communes en 1789, il faut attendre le 2 décembre 1829, après de rudes débats, pour que Leigneux soit érigée en paroisse.
Le premier prêtre identifié actuellement est cité en 1287 : Petrus aumônier de Treillins. Pendant la révolution, François Treynet a particulièrement marqué sont passage pour s’être opposer farouchement à la constitution civile du clergé et entrainer à sa suite plusieurs prêtres de la région. Louis Tolonias décédé en 1960 a été le dernier prêtre à résider au presbytère de Trelins.
Voici un résumé très succinct de l’histoire de notre église.
Un livre" 500 ans d’histoire " édité à cette occasion est en vente au prix de 12 €, il est disponible en mairie, à l’office de tourisme du pays d’Astrée.

L’embellissement des portes

En 2015, nous ne remercierons jamais assez Hamaspyur Gregorian et sa famille pour les superbes boiseries qu’elles ont sculptées : les portes (avec d’un côté Saint Maurice et de l’autre l’église de Trelins) mais aussi le superbe ambon qui a nécessité des centaines d’heures de travail. Une véritable œuvre d’art qu’il faut aller voir. La famille Gregorian est originaire d’Arménie, elle a fuit la mafia et la corruption qui règne dans le pays. Corruption qui touche surtout ceux qui ont du talent. Nous les avons rencontrés à Boën au centre Pierre Valdo. Sollicités pour restaurer l’ensemble des boiseries, nous avons été touchés par leur réaction : non seulement, c’est avec plaisir et bénévolement qu’ils ont accepté de les remettre en état, mais ils ont souhaité faire une œuvre d’art pour nous remercier de les avoir aidés il y a cent ans lors du génocide arménien et d’être encore près d’eux aujourd’hui.


Quelques photos des travaux réalisés

Portfolio

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